Retour au cessez-le-feu au Sahara occidental : les conditions d’Alger

L’Algérie a de nouveau mis en garde contre le risque d’escalade dans le conflit du Sahara occidental qui menacerait la sécurité de toute la région, en exigeant de nouveau le retrait des forces marocaines de Guerguerat.

« Les risques d’escalade menaçant la sécurité et la stabilité de toute la région, ne sont malheureusement pas à exclure », a déclaré à l’APS Amar Belani, envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb.

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L’ancien ambassadeur d’Algérie à Bruxelles était interrogé sur une déclaration du représentant du Maroc lors de la cérémonie commémorative du 60e anniversaire de la tenue de la première conférence du Mouvement des non-alignés à Belgrade.

Ne souhaitant pas s’attarder sur ces propos qu’il a qualifié de « délirants », et « pas dignes d’intérêt », il a préféré énumérer les conditions de l’Algérie, en tant que pays voisin observateur dans le conflit au même titre que la Mauritanie et non partie prenante comme le Maroc le prétend, pour un retour au cessez-le-feu au Sahara occidental.

« Nous sommes en face d’un processus de décolonisation contrarié et dévoyé à force de complaisance de la part de la communauté internationale, dont au premier chef, le conseil de sécurité » de l’ONU, a-t-il expliqué.

Celui-ci est appelé de ce fait à « impérativement assumer ses responsabilités politiques et morales en vue de garantir le droit inaliénable et imprescriptible du peuple du Sahara Occidental à l’autodétermination », a ajouté M. Belani.

Le diplomate algérien a appelé le Conseil de sécurité à prendre en compte, lors de l’élaboration de sa prochaine résolution sur la question sahraouie, la réalité du terrain « en raison, notamment de la reprise des hostilités », suite à la violation du cessez-le-feu par l’armée marocaine, en novembre 2020.

Une résolution que l’Algérie espère « équilibrée », « afin de ne pas donner un mauvais signal aux deux parties au conflit ».

« Le format des tables rondes est obsolète »

Pour Amar Belani, le retour au cessez-le-feu est tributaire, comme annoncé par le Front Polisario, du retrait des forces d’occupation marocaines de la zone tampon de Guerguerat dont l’occupation en novembre 2020 a provoqué la reprise des hostilités.

Il est aussi tributaire du « retour obligé » aux négociations « directes » entre le Maroc et le Front Polisario comme « voie unique » et « incontournable », a conditionné Amar Belani.

L’envoyé spécial algérien exclut le retour au format « obsolète » des tables rondes, « compte tenu de l’instrumentalisation éhontée par la partie marocaine de la participation de l’Algérie aux précédentes tables rondes pour présenter fallacieusement notre pays comme étant partie à un conflit « régional » (sic) », alors qu’elle a, comme la Mauritanie, le statut de pays voisin observateur.

Amar Belani énonce en outre quelques impératifs pour le lancement d’un processus politique sérieux. Il faut d’abord, dit-il, « forcer la puissance occupante à revenir au statu quo ante le 13 novembre 2020 », date de l’occupation de la zone de Guerguerat, et revenir aux paramètres originaux du règlement politique.

« La volonté illusoire de vouloir imposer la prétendue prééminence thèse de l’autonomie est vouée à l’échec et le Maroc portera l’entière responsabilité de la dégradation de la situation dans la région, car il n’honore pas sa signature lui, dont le défunt roi s’était engagé à soutenir une solution juste et définitive du conflit du Sahara Occidental à travers un référendum d’autodétermination régulier et libre », estime le diplomate algérien.

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